• Olivier Passieux

    Olivier Passieux

  • Vue de l'exposition d'Olivier Passieux, Ricochets et moments ordinaires, Galerie Guyenne Art Gascogne

    Vue de l'exposition d'Olivier Passieux, Ricochets et moments ordinaires, Galerie Guyenne Art Gascogne

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Olivier Passieux, artiste

Dans cette exposition, vous présentez des pièces de natures différentes (peintures, sculptures, dessins, etc.) ; vous travaillez donc avec différents média. Avez-vous un médium de prédilection dans votre pratique ? Ces différentes techniques se sont-elles imposées à vous de façon chronologique ?

La peinture est la colonne vertébrale de ma pratique. C’est avec elle que j’ai appris à penser. Le dessin était là aussi, depuis toujours, mais comme pratique autonome il est plus marginal. Le volume est une expérience plus récente qui date de 4-5 ans. L’intérêt c’est qu’il ne porte pas les mêmes enjeux que la peinture, le même sérieux. La dimension ludique, amateur et improvisée du travail en trois dimensions nourrit énormément mon travail de peinture actuel, le dé-corsette.

Il y a donc une forme de chronologie avec cet après-coup de la sculpture mais ce qui est important ce sont vraiment les complémentarités qui s’opèrent entre les différentes pratiques. L’intention en dessin est très différente de celle de la peinture ou de la sculpture et pourtant elles se nourrissent les unes les autres.

 

Vos différents ateliers ont joué un rôle prépondérant dans l’évolution de votre pratique. Les œuvres que vous avez choisi d’exposer sont-elles toutes issues de votre création dans l’atelier que vous occupez actuellement ?

Non justement, les pièces de l’exposition ont été produites dans trois lieux différents :

Les sculptures ont été réalisées à Bayonne dans l’école où j’enseigne. Les dessins et la grande peinture ont été faits à la maison à Paris, lorsque j’avais mon atelier au sous-sol. Les autres formats ont été peints dans mon nouvel espace en proche banlieue parisienne, à Montrouge.

 

Vous avez créé cette exposition pour l’espace de cette galerie et c’est une présentation en deux temps qui a été choisie pour exposer votre travail, avec un nouvel accrochage le 21 novembre. Est-ce un choix personnel ?

J’ai proposé un ensemble de pièces qui formait une histoire autour du fantasme des vacances. Le nombre de peintures a permis cette proposition d’accrochage en deux temps que M. Belis m’a soumis [N.D.L.R. le propriétaire de la galerie G.A.G.]. J’ai accepté cette idée car nous ne pouvions pas montrer l’ensemble en une fois. J’ai envoyé une modélisation de l’espace avec une proposition d’accrochage que le galeriste a respecté scrupuleusement.

 

Cette exposition nous fait vivre des moments d’apesanteur et de rêverie, cependant le titre que vous lui avez donné (et notamment “moments ordinaires”) peut sembler plus “terre à terre” et réaliste. Comment et pourquoi avez-vous choisi ce titre ?

J’aime cette phrase de Gilles Deleuze : « Ah, la misère de l’imaginaire et du symbolique, le réel étant toujours remis à demain. »

Mes peintures tentent de parler de réel. J’essaie de traduire, avec le maximum d’acuité, un temps particulier qui est celui d’avant l’action ou de son dehors. Quel nécessaire pour les vacances ? Pourquoi cette fille au loin avec une cigarette ? Mes descriptions sont en apesanteur car affranchies de l’action mais elles cherchent bien une forme d’objectivité.

 

Comment avez-vous découvert la technique de transfert à l’huile utilisée par Paul Klee et qu’est-ce qui vous a poussé à l’utiliser pour la série “Homologie et métaflore”?

Je cherchais une forme de réduction dans mes dessins. Une idée de la ligne pour elle-même. J’étais très intéressé par les illustrations de la Divine Comédie du néoclassique anglais John Flaxman. Mais la radicalité que je cherchais m’inhibait en même temps.

J’ai travaillé plusieurs années avec une galerie à Bern, en Suisse, et lorsque je m’y rendais je ne pouvais m’empêcher de faire une visite au Centre Paul Klee. C’est là que j’ai acquis la conviction que Paul Klee avait le même rapport tordu au dessin que moi. Et c’est naturellement que je lui ai piqué sa technique, pour résoudre mon problème.

Ce n’est pas un effet que je cherche. J’utilise cette méthode pour contourner un problème : en transférant mon dessin à l’aveugle sur une page, je suis contraint d’aller à l’essentiel. J’évacue ainsi toute tentation de rajouts pour enjoliver le dessin. Les lignes sont le strict nécessaire pour dire la chose, et une fois le transfert enlevé, le dessin est terminé.

 

Vous nous embarquez dans un univers coloré, parfois enfantin et très attachant. Sur vos toiles on peut parfois apercevoir un dessin sous-jacent totalement différent. Retravaillez-vous vos toiles ? Ou peut-être réutilisez-vous certaines toiles antérieures ?

À la différence des images de notre monde connecté, la peinture n’est pas immédiate. Pour moi, la nature même de la peinture, c’est le temps. Une image peinte, ce sont des strates de temps qui s’empilent. Matisse était un peintre archéologue qui « fouillait » littéralement ces peintures pour faire remonter des strates anciennes à la surface. C’est très visible dans une toile comme « Intérieur Quai St. Michel avec bocal de poissons rouges ». Pour ma part, les choses se fixent parfois très tardivement et les égarements du début font partie intégrante de l’histoire, de la matière de la toile. J’aime à les laisser transpirer, ne pas les recouvrir, accepter les jeux de digression. Il m’arrive aussi de recouvrir d’anciennes toiles mais il n’y en a pas dans cette exposition.

 

Propos recueillis par Julie Hoedts
Exposition : Ricochets et moments ordinaires, Galerie Guyenne Art Gascogne

  • Olivier Passieux

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  • Vue de l'exposition d'Olivier Passieux, Ricochets et moments ordinaires, Galerie Guyenne Art Gascogne

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