Commune de Ousse-Suzan

Ousse-Suzan, France

Précédent Fermer Suivant

Murmures de la forêt, Galerie Tinbox #5

+ Commune de Ousse-Suzan

Adresse Ousse-Suzan
France

Vernissage le 10 juillet à partir de 17h30

Depuis l’installation de son atelier dans les Landes à Ousse-Suzan, les peintures et les installations de l’artiste Chantal Russell Le Roux sont habitées d’animaux de la forêt, de cerfs, de biches, de sangliers et de chiens aux étranges coiffes vernaculaires qui nous plongent dans un folklore local revisité. Paysages des Landes avant la culture des pins, troncs et lacs complètent sa peinture qui oscille entre naïveté et réalisme avec une touche d’humour. Son exposition  » Murmures de la forêt » (« Whispers of the forest ») se regarde à travers les yeux d’un chien qu’elle humanise derrière une fenêtre. Il est le spectateur de scènes d’un territoire forestier pouvant sembler immuable mais qui n’est pourtant pas à l’abri des feux estivaux à l’aune du dérèglement climatique. Si on aiguise sa perception, on y verra des mondes cachés et sensibles qui invitent soudain à la contemplation silencieuse. Les sous-bois abritent en effet toute une vie tapie dans les troncs d’arbres morts, dans les creux des souches et des mousses. Elle en souligne la fragilité par des installations sculpturales. L’une d’elle est une rencontre entre deux mains blanches en porcelaine en équilibre sur un tronc à la coupe angulaire. Elles tiennent une fine écorce colonisée par du lierre comme un bien précieux à protéger. Chantal Russell Le Roux nous attire dans un monde de l’invisible auquel nous avons pour beaucoup arrêté de croire. Seul.es ceux et celles qui ont un esprit suffisamment ouvert, les sens en éveil et en interconnexion avec le vivant ou qui sont restés enfants sauront rencontrer ces créatures magiques. C’est dans la brume matinale ou au coucher du soleil, quand les oiseaux célèbrent les transitions qu’ils apparaissent ne s’immobilisant que lorsque les chiens comblent le silence de leurs aboiements qui résonnent dans la campagne. Elle ne nous parle pas tant des animaux de la forêt qui une fois la nuit tombée y célèbrent leur liberté de vivre, elle nous parle des humains comme des non-humains mais surtout des esprits, des lutins et des fées. Ne les cherchez pas dans ses œuvres, vous ne les verrez pas. Pour les voir, il faut devenir-forêt afin d’entendre leurs murmures. Peut-être que les chiens, les sangliers, les biches et les cerfs les rejoignent la nuit. Avons nous perdu le sens du magique pour ne plus croire aux créatures de la forêt? L’enseigner aux enfants c’est peut-être les imprégner d’une incommensurable force qui leurs permettra de croire, à l’âge adulte, que tous les devenirs sont possibles. Car croire au monde c’est d’abord le construire dans son imaginaire. C’est sans doute le plus cher enseignement que nous pouvons apporter à nos enfants au détour des chemins de forêts, ils sauront alors l’aimer et s’en soucier.

Plus d’informations