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44 Rue Saint-François, Bordeaux, France

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Exposition // Babylon by Birds__Laurent Perbos

Adresse 44 Rue Saint-François
Bordeaux
France
Horaires Du mardi au samedi de 11h à 19h, le dimanche de 11h à 15h & sur rendez-vous

Exposition //

Babylon by Birds Laurent Perbos

Du 13 mai au 10 juillet 2022

Vernissage le 13 mai de 17h30 à 22h avec au programme, concert, dj set, rencontre avec l’artiste.

Bakery Art Gallery

44 rue saint Francois, 33000 Bordeaux

« In 2096, when the former third world has overrun and colonised the former superpowers, Bob Marley will be commemorated as a saint. »

John Parales, New York Times, 1996

Babylon by bus est le titre du sixième album de Robert Nesta Marley, dit Bob Marley, décédé le 11 mai 1981 à 36 ans. Enregistré en 1978 à Paris et lors des concerts européens du Kaya Tour, ce double album est hypnotique et énergétique, inclusif et contestataire, agressif et groove… tout simplement la perfection. Sur la Face A, on trouve Exodus, Positive vibration, sur la B, Stir it up, Concrete Jungle, sur la C, Lively up yourself, War/No more trouble, sur la D, Is this love et Jamming ! Ces morceaux illustrent encore avec pertinence le “Zeitgeist“, l’air du temps troublé que nous vivons, ainsi que les propositions de Laurent Perbos pour cette double exposition Babylon by Birds à la Bakery Art Gallery à Bordeaux et RE-PLAY sur le campus de Kedge Business School à Talence où sont installées – après Paris et avant Marseille -, une douzaine d’oeuvres, dont cinq monumentales.

En 1977, peu avant le concert du Pavillon Baltard, l’exposition Pictures à New York marque la naissance d’une tendance restée dans l’Histoire de l’art sous le nom de “Critique de la représentation“. Marquant “l’échec“ de l’art conceptuel, les “simulationnistes“ recyclent des oeuvres déjà connues et pratiquent la copie de copie (Sherrie Levine, Robert Longo, Cindy Sherman, Richard Prince) ; les “appropriationnistes“, plus proches de l’esthétique pop art, choisissent de recycler les objets du quotidien (Haim Steinbach, Jeff Koons). Les années 70 inaugurent Le système des allusions où « l’usage de la référence, si important dans l’art actuel, offre aux artistes un dispositif ef cace pour observer la culture visuelle et interroger son rôle dans la production du sens et de l’idéologie » – Marie-Josée Jean en 2005 pour l’exposition éponyme à VOX centre de l’image contemporaine (Montréal, Ca.).

« Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. »

Max Ernst, Cahiers d’art, 1937

Laurent Perbos, enfant de la Pictures Generation. Pour Perbos, le décalage du quotidien et l’art de la citation soulignent l’avènement du copier-coller, du re-play, du rattrapage. L’artiste réalise ses dessins au papier carbone d’après Kandinsky ou Matisse, utilise des copies d’antiques et des animaux naturalisés (Diamonds y away). Ses oeuvres questionnent les notions d’auteur, d’originalité et d’authenticité sans cesser jamais d’organiser le brouillage (Jamming) des repères. Avec une tournure d’esprit implicitement surréaliste, Perbos organise des aventures d’oiseaux, comme avant lui Max Ernst avec Loplop, Supérieur des oiseaux ou La femme 100 têtes.

L’histoire d’Amytis de Médie qui sert de l conducteur à l’oeuvre Babylone#3, commente la crise écologique et renvoie le spectateur à la double nécessité d’agir pour l’environnement… et par amour. Comme Nabuchodonosor II, ne devrions-nous pas planter un million d’arbres et permettre aux oiseaux de ré-enchanter nos déserts de béton (Concrete Jungle), tout en rendant le sourire à celles et ceux que nous aimons (Is this Love) ? Un sourire léger retrouvé devant les petits taxidermisés si amusants, mais… Annette Messager dans Mes pensionnaires (1972) volait aussi entre rêve et cauchemar, enfance, vie, mort, angoisse et questions existentielles.

De larmes et de lumières. Les cages électriques suspendues d’Au-delà recèlent une tristesse poétique et publicitaire, libérant la couleur tout en l’emprisonnant (Exodus). L’espace irradie dangereusement. Pour parler de l’homme et de l’humain, Perbos préfère la métaphore animale et silencieuse. L’autorité que s’arroge les artistes demeure trop souvent incontestée et lui préfère ne pas courir le risque de réduire son discours à la rhétorique du ready-made ou à un système d’essences universelles. En 1964, Joseph Beuys évoquait l’absence d’engagement lisible de Marcel Duchamp. Appropriateur, simulateur, le silence de Laurent Perbos est-il surestimé ?

« L’humanisme occidental, à ses propres yeux, est l’amour de l’humanité, mais pour les autres, ce n’est que la coutume et l’institution d’un groupe d’hommes, leur mot de passe et quelquefois leur cri de guerre. »

Merleau-Ponty, 1947

 

Christian Pallatier